mercredi 13 juillet 2016

Rio de Janeiro

A droite le mouillage, en haut a gauche Copacabana.

   Rio évoque pour moi, non pas la samba et les jolies Brésiliennes sur la plage de Copacabana avec le string dans cul, mais plutôt des films de mon enfance. En particulier James Bond Moonraker et  L’homme de Rio avec Belmondo. Dans un sens j’avais un peu peur d’être déçu. Mais pas du tout, à l’approche au matin par un ciel bleu, les iles et les montagnes environnantes sont magnifiques, même au début de la baie tout est étonnement beau et préservée, pas de poteaux ou de bunker ou chemins anti incendie ou quoi que ce soit de pas naturel.
   Entrer dans Rio de Janeiro en voilier fut ma plus belle entrée de baie : Simultanément,  le pain de sucre avec le téléphérique. Le Christ rédempteur au-dessus derrière, le tout avec les avions qui prennent leur alignement en faisant une courbe dans la baie, un pétrolier qui entre aussi tel le roi lion, et une centaine de petits voiliers qui s’entrainent pour les jeux olympiques. Ce fut majestueux.  Dois-je préciser que la pollution atmosphérique est visible. Je me demande quand même ou sont les millions d’habitants, ne voyant pas tant de constructions que ça, ni de favelas sur les collines.

   Je dis JE, car a part devant la baie que Patrice apprécia, il rentra ensuite à l’intérieur jouer au 4 en ligne sur son smartphone.  Patrice est une vraie force tranquille. Je l’ai quand même appelé pour m’aider a m’apponter a la marina da Gloria, que les Canadiens de Salvador m’avaient conseillé : En plein centre, un peu cher mais prix négociable. Ils ont eu le prix divisé par 4 !  Une fois apponté, les deux charmants garçons de quai, veulent me faire aller au bureau, je me dis que c’est pour les tarifs. Du ponton on me conduit en voiture de golf avec Loupy chaleureusement invité aussi. En fait la raison n’a rien a voir avec le prix. La marina est réquisitionnée à partir du lendemain pour les jeux olympiques. Ce qui explique qu’elle était presque vide.
   On me conseille d’aller à iate Club, qui est juste au-dessous du pain de sucre. Apres avoir fait le plein d’eau nous y allons. Pas de pontons, le iate club est aussi très occupé pour les jeux Olympiques mais une zone de mouillage au top.

   En chemin pour Rio de Janeiro, depuis Vitoria (350 Milles), se trouvent des  iles et deux caps sympas a voir: Cabo Buzio et Cabo Frio, qui fait l’angle après lequel on vire quasi a 90° vers Rio.
 La baie de Victoria, est très jolie en plus on a vu sauter une baleine, ce que je n’avais jamais vu. La marina très jolie aussi mais mauvaise ; Peu de fond sauf au ponton extérieur. Les pontons ne sont pas flottants ce qui avec 2 mètres de marée, est gênant. Et surtout le ressac permanant.
Ce que j’appelle ressac se traduit par une ondulation pourtant pas très visible ; qui fait avancer et reculer la bateau donnant des a-coups violents aux amarres. Résultat malgré des pneus pour amortir l’amarre; un retour de taquet cassé, et en prime une palle de l’hélice d’annexe cassé aussi. J’avais d’ailleurs déjà décidé que je n’allai pas au bureau, ni payer ou si je vais c’est pour dire que je ne paie pas pour ça...
   Donc plutôt que d’y rester encore 4 jours de plus, en attandant le retour du vent Nord-Est on est parti en fin d’aprem avant le coucher du soleil, la marée était haute ; j’ai décidé ca vite fait en revenant d’avoir visité le vieux centre. Le quartier proche de la marina ; modern chic, très clean, avec magasins dans le même style, me plaisait pas trop de toutes façons.  Donc Naviguer 170 Milles jusqu’au Nord de Cabo Buzios  pour y être avant Jeudi matin, car le vent tournait d’un coup  Sud-Ouest, et comme ca y rester tranquillement bien abrité, jusqu’à Dimanche, retour  d’un vent Nord Est.

En route après environs 140 Milles, je voyais qu’au lieu d’aller au Cabo Busio, qui est d’apres ce que j’ai compris une sorte de Saint Tropez ; la possibilité d’aller a Macaé a la place, Une ville qui semble ordinaire, sympas, 40 000 habitants et de pouvoir jeter l’ancre a minuit 1h au lieu de 4h du matin. Et puis aller au Cabo Busio après (s’il faut tirer des bords ; sur 20 Milles, ca va).
Et j’ai beacoup aimé Macaé, une vie normale d’une ville dynamisé par les emplois lieés aux forages pétroliers offshore, et sans tourisme. Et au final pas de Cabo Busio, ni de Cabo Frio.
   On leva l’ancre samedi pour s’abriter d’un vent nouveau qui faisait des vagues vraiment désagréables. Aussi pour visiter les petites iles a  quelques kilomètres devant Macaé et partir le lendemain pour Rio. L’ile qui s’appelle isla do Frances, comporte une petite crique avec un fond plat et rebords abruptes presque comme une piscine avec 5-6 mètres de fond et une plage de sable orange au fond. Le soir vers 22h vint 3 navettes transporteurs y passer la nuit aussi. Mais eux utilisaient une amarre a terre après avoir ancré. La crique n’est pas grande, il n’y a pas beaucoup de marge de rotation.

Le lendemain je vais au bord avec l’annexe ; il n’y avait pas besoin de la regonfler on l’avait tracté depuis Macaé ; comme j’avais déjà été a la plage la veille, cette fois  je vais vers les rochers. Donc visiter brièvement, faire quelques photos et balader Loupy.
Assez rapidement Loupy pourchasse des oiseaux de mer qui y sont chez eux. Les premiers s’envolent, mais l’un qui couvait des œufs mis un seul et bon coup de bec dans l’oeuil de Loupy. Olala !!! Du sang de partout, on aurait dit qu’il n’y avait plus d’œil.
Panique ! Je retourne vite au bateau ; Je ne sais quoi penser mais sans vraiment réfléchir, je mets plein d’eau oxygénée sur l’œil. Patrice dors, j’appelle a travers la porte sans insister; pas de réponse. Je démarre le moteur, lève l’ancre, moteur, au régime soutenu retour à Macaé pour un vétérinaire. Un Dimanche c’est pas gagné. J’ancre devant l’entrée du petit fleuve ou on était resté 4 Jours. Un zodiac viens vers moi ; en fait c’est plutôt moi qui a été vers eux puisque j’ai jeté l’ancre sous leur nez. Ce sont des autorités, genre marine nationale. Ils demandent les papiers en me tendant une grosse épuisette. Puis, pendant qu'ils font leur vérification en se laissant dériver, j’accroche le moteur sur l’annexe avec Loupy dedans pour directement récupérer les papiers et aller trouver un véto. Bon !? Le moteur Johnson 2 cv ne démarre pas, mais ils me remorquent a l’intérieur du fleuve, ou il y a un petit yacht club que je n’avais pas vu comme je débarquai au tout début du fleuve, ou arrivent les navettes de travail et les pécheurs.
Une fois au Yacht Club, On appelle pour moi. On trouve une clinique  vétérinaire 24h/24. Thibault qui s’occupait à nettoyer son hors-bord, m’a conduit au véto. Il a habité en France ; sa femme l’attendait mais il a quand même pris le temps de rester avec moi pour traduire ; bien que je lui ai dit que ce n’était pas nécessaire…
L’œil devrait se résorber ; Ouf, je peux me calmer.

De tout mon cœur merci au Brésiliens pour leur aide, naturelle et sincère.

Tiens des oiseaux?
Putain de piafs, ils savent se defendre.
A gauche isla do frances; vite je fonce a Macaé trouver un véto.
Pauvre Loupy, je me disais" a quoi ca sert de vivre si c'est pour encaisser des trucs comme ca"
Et voila le retour de Taquet cassé! pas grave mais moche.
Avant il était comme ca.
J'ai fait un moule en platre pour refaire une hélice en fibre de verre.
C'est un comme ca qui a mis un coup de bec a Loupy. Si elle avait pérdu l'oeuil, je n'aurait qu'une idée: tirer dessus a la carabine.
Le pain de sucre a Rio se fait en 2 telepheriques. Ici au premier pain. 
Bien qu'il est écrit de ne pas donner a manger, un peu de mangues ou de fraise permet de les voir de prés.
Ce sont les plus petits singes du monde.
(2016 est une année de singe  en astro chinoise;que je suis)


dimanche 3 juillet 2016

Salvador de Bahia > Vitoria


Il nous fallait un vent d’Est favorable, durable pour faire les 800 Milles jusqu’à Rio de Janeiro. En attendant on en profita pour visiter la ville, parée pour les fêtes de Sao Joao (saint jean 24 juin). On a aussi fait 12 Milles de navigation vers l’autre côté de la baie, jusqu’à l’ile d’Itaparica pour une ambiance plus relax. Feux de la saint jean dans la rue a même le sol, pétards et fusées (j’en ai acheté aussi). On y resta 5 jours; Un pont relie Itaparica au continent, ce qui d’après moi n’en fait plus tout à fait une ile. De Salvador le plus court et le moins cher est quand même d’y aller par l’un des bateaux qui partent de divers quartiers de la ville. Un petit terminal à côté de la marina, embarque les passagers sur des grosses barques en bois.


De l’hémisphère Sud je ne connaissais pratiquement que le prés serré au bâbord amure. Pour la navigation de Salvador de Bahia vers Rio de Janeiro, j’ai rarement eu autant de difficultés, du moins pour les deux premiers jours. SURTOUT que c’était avec des bonnes prévisions. Au courant contraire, se rajoutait le vent refusant, dans un sens et dans l’autre, puis ces cochonneries de grains. Pour casser le moral du navigateur à voile on n’a pas trouvé mieux: Le vent se renforce très rapidement voire brutalement passant de 15-20 Nœuds à 35-40, le tout avec changement de direction. Puis une bonne drache qui vous tombe sur la gueule. Une fois l’averse passé vous croyez peut être que le vent revient à 20 Nœuds ? Non, il faibli d’abord complétement, avec les vagues qui font rouler le bateau et claquer les voiles.
Voila un grain : celui la il est pour nous.

On a eu bien du mal a se dégager et trouver un vent favorable vers le Sud.

Du fait qu’ on a mis trop de temps au début : 3 jours pour faire 130 Milles, on va faire un stop à Vitoria à 450Milles au Sud de Salvador et 350 de Rio. Faudra pas trop trainer là-bas quand même : Maria une amie, hippie bourgeoise, callé en buisines, rencontré en Colombie me rejoins à Rio en avion. Elle embarque aussi sa chienne Négra, et une copine Diana. Je devrais plutôt dire NOUS rejoins car c’est aussi pour rendre visite à Loupy. Maria voulait venir en France, et visiter l’Europe. Elle s’était proposé de louer ma maison pour 6 mois. Mais j’ai dit, lorsque j’y étais l’été passé, que je pars bientôt et que la maison est louée déjà. « No problème, we see in latine America ».


La charmante femme qui s’occupe du bureau de la marina TTNB, de la ville de Salvador de Bahia ; fut attiré par Loupy, allant spontanément la caresser ;Ce à quoi on reconnait ceux qui ont des chiens. Comme depuis quelques jours je la sentais un peu malade, j’en profitai pour lui demander si elle ne connaissait pas un vétérinaire. Dans la minute elle appelle - une vétérinaire - qui s’avère être une copine à elle. Celle-ci vient le lendemain, l’examine : l’œil indique un peu de carences, sinon elle a un bon cœur. Puis à ma demande elle fais les vaccins antirabiques qui sont maintenant à jour jusqu’en Juin 2017. Elle me proposa de faire des examens de sang, ce qu’aucun autre vétérinaire n’avait fait. Deux jours plus tard elle revient avec les examens, et me prescrit des compléments à certaines carences.


De Jacaré, sachant qu’on allait à Salvador de Bahia, les autres navigateurs sonnent les cloches sur le caractère dangereux de la ville. Joseph :« C’est bien plus dangereux que Rio » ; Un jeune équipier : « J’en connais un qui s’est fait butter la bas » Didier : « Le centre historique très fliqué ca va, tu vas pas tout seul en boite » « prends le taxi». La marina est fermée et gardé sérieusement, donc on a toujours laissé le bateau ouvert. Une fois dans les rues au pied de l’élévateur qui mène au Polourinho ; comme dans toutes les grandes villes, il y a de la faune, semi-ambulante, à l’affut de faire garer une voiture moyennant un pourboire, ou des vendeurs de colliers, devant le Mercado modena. Celui-ci est un marché couvert de produits d’artisanats pour touristes. Un restaurant sous l’entrée, aux tarifs comme en France, font passer l’addition avec un petit spectacle de danse/musique acapouera. Au premier abord, l’activité du quartier est comme dans une grande ville en générale.



La vie commence très tôt au Brésil ; de nombreux endroits du quartier permettent de prendre un bon petit déjeuner, et pour le déjeuner également, en cherchant un peu on peut bien manger pour 3 euros ; mais ceux de la classe moyenne n’y mettent pas les pieds ; les cols blancs vont au self buffet avec portier et salle climatisé ; Puis a la tombé de la nuit vers 17h30, tout le monde ferme boutique et s’en vont. Progressivement même le centre-ville ne laisse pas grand-chose d’ouvert. Reste donc les quelques marginaux par ci-par la, qui inspire effectivement de ne pas s’attarder inutilement avec un smartphone et un portefeuille bien garni…Sais-t-on jamais, on m’aura prévenu.

1200 Milles de prés serré au babord amure.

Vue d'en haut de l'elevateur a salvador de Bahia
 le mercado Modena au milieu a droite; la marina juste derriere. 
Rue de Salvadore de bahia au pulorinho parée pour les fetes de la saint jean..

Vue de Nuit de salvador de Bahia :A droite, la cloture de la marina; Au milieu le mercado modena,au fond en violet l'elevateur..
Moi et Loupy a Itaparica. Comme souvenirs j'achete régulierement s'il me plait et si l'occasion se présente un T-shirt; ici Trinidade and Tobago. Du Brésil j'en ai Joa Pessoa,. Un autre deSalvador avec en gros l'elevateur genre en style post moderne.

Calfateurs Bresiliens a Itaparica.

Patrice le roi de la pompe.

Travaux pour un nouveau lotisssement a Itaparica.

Marée basse a Itaparica; attention a pas perdre une tong dans la boue.Petites mangroves de part et d'autre.

Loupy a l'écoute des écoutes.

Maria .

Un vraquier avec ses propres grues, au mouillage  a Vitoria. Tres belle baie avec tout dont Arcelor Mittal, qui décharge du minerai, puis le transforme sur place ´puis charge d'autres vraquiers en produit utilisable pour les chinois.

Arrivé dans la baie de Vitoria; ce n'es qu'une partie de la vue; qui rappelle un peu Rio ( qu'on a pas encore vu)

A vitoria, les fanjos en vedettte sont rois.





jeudi 16 juin 2016

Premières impressions du Brésil.

Jungle treck avec Loupy, de l'autre coté du fleuve, Jacaré.

La marina et mouillage en pied d'Elevateur a Salvador de Bahia.
La barge  carburants au mouillage a Salvador de Bahia.

Donc ça y es on est arrivé au Brésil…10 jours passés à la marina de Jacaré, a l’heure que j’écris nous naviguons Patrice Loupy et moi vers, Salvador de Bahia a 450 Milles au Sud. Toute la distance fut quasi au pré serré. Beau temps tous les jours, sauf a l’arrivé. Il fait moins chaud en mer et surtout plus de moustiques : La mer est calme, s’écarter de Joa Pessoa fut lent à cause du courant contre en juin, ce fut le seul bord de pré a faire de 35 Milles. Navigation à faible vitesses de 3,3 nœuds de moyenne (5 jours et 15 heures).


A l’approche de Salvador de Bahia, vents variant entre 25 et 40 nœuds au gré des nombreux grains , le tout avec passages de pluie et au pré serré. J’ai eu a travailler beaucoup sur la modification de surface de voilure déjà depuis la veille; si on laissait la voilure pour 40 nœuds, a 25 nœuds on n’avance plus qu’a 2 nœuds. Mais si on conserve la voilure pour la demi-heure de 40, le bateau gite un peu trop.


La peur du démâtage ?  je préfère m’en écarter par la prudence. Surtout quand une bonne grosse déferlante de vague tape ou au creux en retombant ; ça fait boum ! Si on ne connait pas on peut croire qu’on a percuté une baleine. Donc ne pas forcer trop a la voile, pour que quand ca fait boum, le mat ne sois pas trop en tension par le vent : Faut ménager le matériel. Quand les haut bans sous le vent commencent a bouger, je réduis.


On arriva de nuit. On put enfin foncer a 8 nœuds avec la marée montante qui nous poussa droit dans la baie. Au bord du fort rond au pied de la ville, on jetta l’ancre à 22h30 par 8m de fond. J’étais très fatigué. Un bol de riz au corned beef avec Patrice ; puis direct au lit.


Au réveil, la vue est sympa ; une barge station carburant, est mouillé à côté ; je ne suis pas sûr qu’elle était là cette nuit. Je questionne Patrice, qui n’est ne sais non plus. On va aller a l’une des marinas, a commencer par celle en pied de ville. Mais avant, on s’amarre a la barge pour faire le plein, j’en profiterai pour les questionner au sujet de, quand ils sont arrivés. Et par la même occasion ce qu’ils pensent de leur ville. J’ai demandé, il arrive a 6h . La marina super, wifi, au pied de la ville 12 euro jour, moins cher que Jacaré.


Le Brésil tient son nom d'un bois spécial couleur braise, le pau-brasil. Ce bois y était très abondant lorsque les colons portugais arrivèrent dans le pays au XVIe siècle, et fut l'objet d'un commerce intense vers l'Europe qui l'utilisait comme matière tinctoriale. Le pays se nommait alors Vera Cruz mais fut surnommé le pays du pau-brasil puis devint peu à peu le Brésil, nom qui supplanta l'original.


Que dire comme première impression du Brésil ? Assez vite, ça donne envie d’y rester la durée totale des 3 mois. J’en profite pour dire que, plus on pense à Sarkozy, plus on se dit que c´était vraiment le président de l’Esbroufe ; Comme de déloger Kadhafi sans raisons, ou supprimer le droit de séjour de 6 mois pour les Brésiliens. Qu’a fait l’administration Brésilienne a votre avis ? Eh bien ils appliquent la réciprocité. Merci Sarko : Le Brésil c’est grand comme un continent rien que de descendre de Joa Pessoa, jusqu’en Uruguay, ne laisse pas beaucoup de marge en 3 mois. (NB :Pour y retourner faut etre hors du Brésil 3 moi. Le bateau peux rester 2 ans)


La marina Jacaré, qui se trouve à 12km de Joa Pessoa, est située au bord d’un fleuve, séparé par la mer d’une longue bande de terre. A 500 mètres il y a une gare d’un train de banlieue qui pars du début de l’estuaire : Cabadelo  le petit port industriel, ou se trouve douane et capitainerie. Puis dans l’autre sens jusqu’à Sainte Rita, mais le train ne passe pas le centre de Joa Pessoa.


Pour faire des courses on peut aller à pied jusqu’aux petits magasins du quartier. Les enfants jouent dans la rue. Les flaques d’eau boueuses sont à contourner par l’un des bords. Des vendeurs ambulants proposent des fruits exotiques à bas prix. Les locaux sont tous,  tous âges et tous sexes confondus en tongs, t-shirt/ débardeur, short.


Sinon pour aller à un supermarché ou retirer de l’argent il vaut mieux emprunter un vélo à disposition de la marina et aller vers le cóté mer. Nico qui tient le bar de la marina, m’expliquait que pour traverser la 4 voies, juste avant les bâtiments commerces, il valait mieux descendre du vélo et traverser par le passage piéton à pied, car ils roulent comme des dingues. Par la suite j’ai pu constater qu’ils ne roulent pas du tout comme des dingues, et plus prudents qu’en France ; pas vu ou entendu de fanjos  de l’accélérateur.


Pour l’instant ce ne sont pas les Brésiliennes qui donnent envie d’y rester ; celles des environs sont sans intérêt, laides et grosses. Cependant ils (et elles) sont positifs. Quand on s’adresse à eux ils sont bienveillants, et personne ne regarde avidement, jalousement ou m’a abordé pour avoir de l’argent ou une cigarette. De toutes façons  je ne vois personne fumer, même ceux aux bars de quartier… Il faut croire que l’évangile a du bon a les abreuver de chants religieux, de paix et d’amour, même les graffitis aux murs, sont des cœurs ou des fleurs.


A la marina, tous ceux qu’on a rencontrés ont traversé l’océan atlantique aussi. On y retrouva sans surprises le voilier Mango qui n’avait été qu’une semaine au cap vert, mais fait une escale par l’ile de Fernando de Noronha : Tout est deux fois plus cher et il faut payer le mouillage je crois bien qu’il m’a dit 100 euros/ jour.


D’autres en route pour les Caraïbes, arrivent de l’Afrique du sud en passant par Saint Helene, et éventuellement l’ile de l’Ascension. Saint Helene est une ile Anglaise en plein milieu de l’Atlantique, dont l’aéroport n’a ouvert qu’en 2016. Mais d’après Didier qui arriva d’abord a Salvador de Bahia, le premier avion ayant atterris eu chaud chaud, a cause de la piste mal aligné avec le vent.


Un couple de Sud-Africains la quarantaine avancé, adorables un peu fous et inconscients ont engagé la traversé sur un catamaran qui n’inspire pas la haute mer. Ils l’ont acheté 2 semaines avant le départ sans aucune expérience.


Ils ont quasi fui un pays en déroute totale. Leur voyage a failli mal tourner ; le pilote automatique a lâché après 3 jours, ils ont tout barré a la main. L’un des moteurs est resté bloqué en marche arrière .L’équipier, un  jeune surfeur pourtant recommandé par la famille a failli leur chavirer le bateau en surfant de travers sur les vagues. Il leur a causé d’autres misères au point qu’ils l’ont débarqué a prendre le prochain ferry de Saint Hellène, qui fait le trajet 1 fois par mois. …La femme me parlait de tempêtes, qu’elle voulait appeler SOS ; mais son mari type Rugbyman a cóté, en buvant me disait avec l’accent sud-Africain. «  No mayday ! i lose my boat ; it’s all i have! ». Je les ai félicités, de l’avoir fait,  Bravo, et que jusqu’aux caraïbes c’est de la rigolade ; le courant est avec eux, ce sont parmis les vents les plus réguliers du monde.


J’ai aussi sympathisé avec Eric 52 ans qui était médecin dans la marine, à la retraite depuis ces 45 ans. Il s’est acheté un OVNI  neuf  (les ovnis, qu’on voit souvent  sont des voiliers français plutôt chers, en aluminium, dériveurs intégral). Eric a l’état d’esprit de droiture militaire, et aussi du mépris pour 99% de la population planétaire qu’il nomme crétins. Ça vaut pour toutes les classes sociales. Il a tout un concept du CRETIN ; on le devient, par éducation, Le socle de base c’est Cupidité, Ambition, Irresponsabilité. Il préféré donc ne plus trop vivre en société. Il a fait sa première traversé depuis le cap vert. Il s´intéressait à mon voyage vers la Patagonie. Eric disait n’avoir pas vu une seule jolie fille, que l’obésité touche décidément la planète entière. Dopé a l’adrénaline du sport, jogging, kayak, vélo. Il m’a entrainé à aller en ville en vélo ; lui son beau VTT, moi le scharafe de la marina sans vitesses. J’ai bien dit que, si c’est pour m’éclater, ça ne m’intéresse pas. Finalement le lendemain on part pour le zoo, via le marché. Arrivé en ville, crevaison. Assez vite on trouve un réparateur 1 euro pas cher. 1km plus loin de nouveau crevaison. « T’en a eu pour ton argent qu’il me dit ». Pff c’est pas ça ; y a qq chose de la jante qui le fait crever. Près du marché, un beau magasin. J’achète une chambre à air neuve ; puis sans supplément on me le monte. Hop, on repart ! 200m plus loin re-crevaison. Retours au magasin, mais avant j’achète du scotch pour entourer les vis rouillés des rayons à l’intérieur de la jante. ET la au magasin, ils voient que le problème viens d’un petit trou sur le pneu qui fais frotter la chambre à air sur le bord de la jante. Un monsieur, client ou je ne sais qui, me donne un pneu, avec une chambre a air et même le tout gratos y compris la mise en place au magasin; impossible de leur faire accepter un pourboire !


Pour réparer le moteur de l’annexe il me fallait un arrache. Un atelier de soudure à coté de la marina réussi a sortir le volant magnétique : la clavette était cisaillé, le volant complétement décalé. J’ai refabriqué une clavette et remonté le moteur qui tourne très bien maintenant. J’en ai profité pour faire une mission « jungle » avec Loupy de l’autre côté peu développé du fleuve. ; 2 jours après j’y retournai avec Eric ; En Kayak il allait à la même vitesse que moi. Des beaux marécages, des petits singes d’a peine 20cm de haut avec des oreilles blanches, ce fut très agréable 


 

L'Amarante au pied de la ville de Salvador de Bahia.
Décorations a la vieille ville en haut de l'elevateur pour la saint jean; 24 juin
Tiens ce voilier je l'ai vu au mouillage dans le baie de Mindello au Cap Vert.  C'est un couple de Turcs avec un chien noir; ils ont mis 24 jours de Brava, jusqu'a Salvador de Bahia.
Graffiti a Salvado de Bahia.

lundi 30 mai 2016

Cap Vert > Brésil 14 jours de traversée

Dès notre arrivé au Cap Vert, j’avais en vue d’aller au plus tôt vers le Brésil.
Il nous fallait pour ça, réparer le frigo, et aussi si possible la girouette anémomètre électronique, sachant qu’à la marina de Mindello un technicien compétent raymarine m’avait réparé l’auto-pilote ST1000 il y a 2 ans.
 A la sortie de la marina directement dans la ville, un gars parlant un peu français que je reconnais d’il y a deux ans, me propose de faire visiter la ville. « Non merci, ce dont j’ai besoin c’est d´un frigoriste ». J’insiste puisque c’est ce qu’il peut faire de mieux pour m’aider et lui dit voilier Amarante. Une heure après il arrive au bateau avec un gars, qui regarde et qui une heure après encore reviens avec un autre gars et tout le matériel comme celui de Las Palmas. Au moment de payer le lendemain, il demandait 100 euros,  j’ai tout de suite dit hors de question maximum 50. Au final ce fut 60 et puis 5 de commission au gars de la rue.
La Girouette Electronique fonctionne de nouveau, en plus la vérification avait été gratuite, il fallait reprendre les câblages des connexions, ce qu’on fit avec Patrice. Super… A la place on a le sondeur qui ne marche plus. Du coup pour les mouillages je sonde avec le sondeur à main. C’est un fil gradué avec un poids au bout.
Je fis également savoir aux autres ; à savoir Elina, sa copine Pauline et Thoma, bateau stoppeurs provisoirement a bord, qu’on y reste 2-3 semaines, mais que s’ils veulent y rester, ça ne me dérange pas du tout...
Au bar wifi de la marina je prends les prévisions de vent pour 2 semaines chaque jour, et me projette vers le Brésil comme si on y allait dans une semaine. Et justement je vois que c’est une bonne période. Au fil des jours il semble qu’a l’approche de Juin les alizés nord s’essoufflent et effectivement cette tendance se lit également sur les statistiques des pilot-charts. Alizées ? pour aller au Brésil ? Oui,  on en a besoin pour aller jusqu’à la zone intertropicale de convergence (ZIC). Ensuite changement pour prendre le vent de l’hémisphère sud.

Pour aller à Tarrafal de Santiago, l’Amarante nous y porta avec un vent de travers sur 130 Milles. Pour la première fois depuis notre départ de France on doit utiliser l’annexe.
A terre on rencontra Cyril, qui est le propriétaire de la grande goélette de 23 mètres au mouillage au nom de Stella Polaris (Qu’il met en vente ; une affaire). Plein d’humour et de choses à dire, Cyril est ancré à Tarrafal depuis  2 ans, il a dû y arriver quand moi j’en suis parti.
Je lui parlai de Rosie l’italienne et aussi de Carlos. « Oublie Rosie me dit-il, elle a un bébé avec un cap verdien. »  Je pensai qu’elle ne serai plus là, lui dis-je, mais il me dit qu’elle fait un carton avec sa charrette a cocktails sur la plage, ce qu’elle envisageait d’ailleurs de faire à l’époque. Delphine Il y a deux ans au retour de la plage à la nage me disait. " J’ai trouvé une femme pour toi, une italienne complètement délirante ». Rosie me disait lorsque je fit sa connaissance avec un naturel incroyable «  Si j’avais pas le mal de mer, j’irai en Amérique du Sud avec toi ».
Son mal de mer était si fort que le voilier avait été obligé de faire demi-tour pour la débarquer au Cap Vert. Je me suis dit par la suite, que j’aurai pu être patient et au moins essayer. Bref je n’avais qu’une idée ; naviguer.
Je fus très heureux de la revoir sous les cocotiers avec sa charrette a rhum au citron pillé. Bien plus belle qu’il y a deux ans, un corps mince et musclé, et non plus ronde. J’aurai sans doute craqué si elle avait été ainsi. Elle me présenta son fils et son homme. Je lui offris une boite en marqueterie du Maroc.

 Thoma souhaitait si possible aller a L’ile de Maio. Comme c’est la seule ile du Cap Vert ou je n’ai pas mis les pieds et qu’en faisant le tour de l’ile pour Praia, la Capitale au Sud, l’ile de Maio proche a l’Est, est sur le chemin.
Elina étant absente le matin ayant passé la nuit sur le voilier de Jayre, qui se souvenais de moi en demandant ou étaient les poules… Je dis à Elina qui tardait à arriver qu’elle n’a qu’à y rester. Ce qu’elle fit, mais elle nous rejoindra en bus à Praia dans 4 jours (au sud de l’ ile) après qu’on soit passé par Maio. Avec tout ça, il manqua une heure pour arriver au mouillage de Maio de jour ; ce que justement je voulais éviter.

Pour Maio, Cyril m’a dit que l’arrivé a la plage en annexe c’est rock n roll, et aussi qu’a Praia il ne faut pas mouiller vers la digue de ferrys mais en face de la plage, car il s’est fait voler un ordi pendant son sommeil, ayant laissé tout ouvert. Du coup je stressais à l’avance et envisageait de faire des quarts de mouillage, qu’au moins ça servait a quelque chose. Mais finalement, de monter l’annexe a bord, de cadenasser le moteur et fermer l’habitacle de l’intérieur fera l’affaire.
D’ailleurs un couple de retraités français en retour de Casamance (Sénégal) changea de place pour mouiller à coté de nous après qu’une équipe de jour leur ai volé ordis et appareils photos, lorsqu’íls prirent le taxi pour aller à la police Maritime. Pas très malin de toutes façons ; un centre urbain est à risque partout dans le monde, de plus un copain à eux visiblement relooké à la mode Sénégalaise, aurai du rester à surveiller l’annexe et par la même occasion leur voilier en face, ou retourner au bateau avec la belle annexe rigide au moteur 4 temps 6cv Yamaha. Par la suite ils la laissaient en surveillance 2 euro jour à la plage des pécheurs.
Accolé a la police maritime, un bar wifi le Mochksa permet de surveiller l’annexe et de manger, boire des bières et faire de l’internet. J’y passais pas mal de temps, Patrice restait a bord, et les autres faisaient la plus part des courses. A chaque passage on embarquait des  bidons d’eau du bar pour remplir la cuve, et aussi des bidons de 5 litres d’eau minérale. Nous avons prévu que pour 20 jours x 5 personnes X 1,5 litres = 30 Bidons de 5 litres.
Le moteur de l’annexe johnson 2cv se mit curieusement à tourner à l’envers, à chaque démarrage il tourna en sens inverse. Le problème c’est que le refroidissement ne fonctionne plus en tournant à l’envers. J’ai bien commencé à me pencher sur le volant magnétique et l’avance d’allumage, mais comme il dit Patrice, il vaut mieux avoir un plan du moteur. Aussi c’est à la rame que nous faisons les allers retours.
Les prévisions de vent annonçaient un tarissement des alizés nord dans 7-10 jours donc qu’íl fallait qu’on s’active a partir Samedi. Vendredi, Je fonce avec les 5 passeports pour arriver avant 16h au service d’immigration en zone ferrys de l’autre coté du port car le week-end c’est fermé.
Puis Samedi, Pauline et Elina devaient voir un docteur ou un médecin a l’hôpital (...). En fin de compte elles devaient y retourner lundi pour contrôle.
-Lá j’ai dit clairement, que je n’ai pas envie de me retrouver coincé au Cap Vert ; que si Lundi pour n’importe quelle raison il faut reporter, j’annule leur départ au service d’immigration a bord de l’Amarante.

Le lundi 16 mai a 18 heures, Dernières courses et chargement d’eau, puis nous tous embarquons pour la grande navigation de l’Atlantique. Thoma lèva l’ancre à la main pendant que j’étalais au moteur.
Tout de suite après nous déroulons de la voilure. On salue chaleureusement les 3 jeunes Bretons ; Moise, Victor et Julot qui s’étaient ancré à coté de nous avec leur jolie Arpège de 8m50. Ils revenaient aussi de Casamance.
Pour ne pas se retrouver déventé par l’ile, je profite plein sud du couloir de vent entre Maio et Santiago pendant 45 Milles avant d’empanner et suivre la route prévu, visant le sud-ouest en premier.
        J’ai mis du temps pour commencer à écrire, ca fait 9 jours et je ne m’y met que maintenant. On a toujours pu avancer à la voile, la moins bonne moyenne était hier de 91 Milles.
On est maintenant à 18 Milles de l’équateur. Comme je le souhaitait on a fait une courbure à l’Ouest pour garder le vent, mais a la place ce fut trop et on devra sans doute faire un bord vers l’Est de 12 ou 24 heures, mais on n’a jamais eu besoin du moteur. Depuis hier on a fini avec la ZIC (Zone Intertropicale de Convergence), on navigue au pré serré mais il manque 20° pour avoir le bon cap.  Plus que 460 Milles jusqu’à Joa Pessoa ; 4 jours si on va droit mais sans doute 5 pour le bord a faire vers l’Est. N’ayant plus de prévision météo fiables je souhaite également arriver sur Joa Passoa perpendiculairement a la cote. Ma recharge inmarsat a expiré du fait des 3 mois de validité, donc tant pis. La sim reste valable sans recharge 90n jours de plus, j’ai donc pu recevoir l’SMS de Christof de Beaulieu «Comment ca va ? donne moi votre position ? »

-1er jour . Tout l’archipel du Cap vert nous occasionne des vents légèrement irréguliers par  phases, même a 70 Milles de l’ile la plus proche. 116 Milles en 24H.

-2eme jour le même cap 265° au génois tangonné.

-3eme jour La mer se calme un peu et le vent devient régulier maintenant, conditions qui permet d’installer les voiles en ciseaux au plein vent arrière cap 220°.

-4eme jour jeudi 19 Mai, Position 12°04’N 28°44’W On passe au Cap 200° droit sur Joa Pessoa, On enroule le génois et installons le spi. Je me souci un peu de la consommation d’eau minérale qui est pour l’instant plus proche de 2 litres par jour que le 1,5 de prévu.
-5eme jour. Toujours sous spi cap plein Sud 180° moyenne sur 24H 134 Milles. Avant d’aller me coucher le vent approchait les 20 Nœuds et je dis aux équipes de quart que si ça dépasse 20, il fallait me réveiller et qu’on enlève le spi. Au milieu de la nuit à 2h30 Pauline me réveilla, car le vent indiquait 21-22 nœuds. Il pleuvait fort, l’océan était comme cotonneuse par les trombes d’eau tiède de pluie tropicale. On aurai cru pouvoir passer directement de la pluie à la mer telle une grenouille. Les filles en profitaient pour prendre une douche à la lueur de la lune, éclairant nébuleusement le tout en un rêve surréaliste. Voyant que le vent avait faibli pendant la pluie, je profitai de Thoma qui se douchait aussi pour qu’on affale vite fait bien fait le spi, trempé et raidi par la pluie. On arriva à tout ranger, sans utiliser de lampe, le spi fut mis en boule a l’arrière du cockpit, je me séchai et retourna me coucher vite fait. Le matin au réveil, le ciel était bleu sans le moindre nuage, Patrice était au quart.
La girouette anémomètre électronique c’est bien pratique pour expliquer clairement aux équipiers quel angle de vent maintenir. J’ai bien essayé la fonction angle de vent du pilote mais ça ne fonctionne pas bien, malgré des modifications de paramétrages.
- La consommation électrique a été trop élevée, batterie à 11v5, démarrage du moteur. Mais celui-ci ne démarre pas car ayant trop injecté du jus de la batterie moteur, elle est a 11v5 aussi. Du coup on débranche le frigo et presque tout y compris les feux de navigation. On a uniquement les panneaux solaires pour recharger les batteries.

-6eme jour Premier cargo faisant route au 121° a la vitesse de 11,7 nœuds.

-7eme jour On pêche une très grosse bonite de 8kg au moins, je l’ai mesuré 75cm de long, 53 cm de tour de taille. Ayant mis des gants vaisselle vite fait pour aider Thoma a tirer sur le fil. Au moment de remonter le poisson par l’arrière, vint a moi une phrase de la trilogie des révoltés de la Bounty que je lisais « …du plat bord il remonta le poisson en passant sa main dans les ouïes du poisson » Et c’est ce que je fis, je plantai 4 doigts bien dedans pour le tirer au bord de la planche arrière et JE ne le lâcha qu’une fois Thoma l’ayant bien tué. Oui oui le FRIGO…Je dis qu’en fin d’après-midi on aura assez de jus pour démarrer le moteur de sûr,  et ainsi remettre le frigo en fonction.

-8eme jour. Journée de galère avec la ZIC, pluies avec grains, changements de direction du vent, cap mauvais malgré un pré serré. Je m’inquiète en pensant zut, j’ai été trop a l’Ouest, puis ca s’arrête enfin le soir et on a du vent régulier. 90 milles en 24H largement la plus mauvaise moyenne.

-9eme jour Presque a l’équateur 00°36’N 32°25W cap 220°, il nous reste moins d’un tiers a faire .Tout le monde va bien. Tout ce temps ensemble peut être lourd à supporter a 5 sur un voilier de 10m50 (6 avec Loupy). Des moments de silence et de sérénité me sont d’ailleurs nécessaires, sauf pour Pauline qui a toujours besoin de parler. Avec  Elina elles jacassent un peu trop a mon gout, par phases de rigolades incompréhensibles tel deux ados. Le frigo ne refroidis plus, de nouveau en panne. Séchage du spi sur le pont, il ne nous servira plus, ce sera du pré jusqu’à l’arrivée.

-10eme jour, beau temps, depuis 2 jours déjà, adieu la ZIC. Le vent adonne. Tant mieux si ça continue on n’aura pas besoin de faire un bord vers l’Est.  Plus que 397 Milles ; 4- 5 jours, encore comme si on était presque arrivés.

-11eme jour. Beau temps, toutes voiles dehors comme hier au pré ; mer plus calme, vent Force 2-3. Position1°14’S 32°57W. 115 Milles en 24H. La lune se levant tard on peut apprécier la voute collecte et surtout la zone de la croix du sud , avec la voie lactée qui passe dedans, c’est vraiment impressionnant. On voit au dessus Jupiter, plus loin suit Mars, qui est bien rouge et bien grosse. Derrière suit Saturne, plus discrète.

Que dire de la vie a bord ? Chacun fait sa vie, grosso modo, en extérieur au cockpit, ou vers l’avant ; dans le carré, s’allonger en cabine ; faire a manger, boire et  cuisiner occupe de façon continue cette derrière partie se passe bien a tour de rôle, sans que rien ne soit précisé. Apres  11 jours on n’a remplis que 2 petits sacs poubelles ; sans compter les bidons d’eau, mais en comptants boites, plastiques ; personne n’a acheté de limonades, coca  ou bières…les déchets organiques vont à l’eau. Lecture, music en MP3, jouer de la guitare, de la percussion, se laver au seau de mer,  regarder la vue imprenable a 360°, et bien sûr s’occuper de la marche du bateau, surtout pour moi, et j’en suis content vu que ca me passionne.

-12eme jour. Soleil un peu voilé, vent Force 4, On passe à 15 Milles a l’Est de l’atoll Das Rocas, qui est 80 Milles a l’Est de Fernando de Norohna.
Toujours au pré serré, je misai sur un passage Est du vent, mais non toujours pas. Il nous faudra tres certainement faire un bord vers l’Est.
En tirant un plan sur la comète, il est encore possible d’en faire une navigation presque parfaite : comme il reste 190 Milles jusqu’à Jacare. 10h30, actuellement on fait du 5  nœuds au moins. Bon disons 115 Milles en 24h, ce qui fait 230 Milles a naviguer. La marée haute est a 12H lundi, pour nous pousser dans l’estuaire les 5-7 derniers Milles. Donc ça nous laisse 40 Milles pour faire un bord vers l’Est. Et arriver a 10H30, ou 50 Milles vers l’Est et arriver a 12h30.
Je viens de penser qu’il y a un changement d´heure par rapport au Cap Vert de -2 heure ce qui laisse 2 heures en plus.

-13eme jour, Depuis hier soir la nuit on voit la lueur de la ville de Natal. En gros on est arrivé. Mais il reste 100 milles environs jusqu’à Joa Passoa. Et je ne veux pas aller faire un tour a Natal, genre, allons y voir puisqu’on est là, on va la ou c’est prévu.
J’ai tellement été omni bullé par avoir du vent a la ZIC que j’en ai oublié la navigation dans l’Hémisphère Sud. La théorie que j’avais émise était correcte, la trajectoire aussi et même les prévisions sur 2 semaines ont été correctes alors qu’il arrive qu’après 4 jours ce ne soit plus bon.
Donc on galère un peu, proche de la cote. Le courant contraire, le vent qui passe de plus en plus de face vers la côte, m’énervent un peu. Par moments on fait du 2 nœuds.
En prenant du recul a l’aide d’un coup de vin, je me dis « putain, c’est pas donné a tous le monde. S’il faut ce sera leur unique traversé d’un océan de leur vie, sinon leur première;  ce soir dernière nuit ; car oui ce sera la dernière nuit. Voile et moteur, on est tous les 5 dans le carré. Il reste 60 milles, je suis un peu bourré au vin. Patrice a fait le premier pain de sa vie. Thomas m’a montré 2 ou 3  photos vraiment bien dans l’action, pendant qu’il bavardait  avec sa copine Pauline, qui faisait des tresses a Elina…
Cet aprèm ils ont vu la terre. Les Buildings de Natal, avec des collines boisées derrière.
Les trois jeunes irent a la proue ouais le Bresil » … « et la regarde, un pont suspendu » .

Voila ; les cuves a eau sont pleines a 50%, du gas-oil ? le réservoir est presque plein ; tout le monde est souriant. La réussites elle est là.

14eme jour. Dernier jour de navigation. Le plus dur pour la fin. Pluie, bourrasques, depuis hier, cette nuit et ce matin. L’Amarante a  bien avancé a la voile, mais depuis 10 milles , vent en pleine poire et instable : Moteur. on est a 4 Milles de l’entrée de l’Estuaire, vitesse 3 Nœuds, pluie torrentielle, visibilité très mauvaise. Bon ca va qu’il est 13 h local.

ON y est arrivé. 2 semaine a naviguer d’un continent a un autre.
 Et après ?
Thoma et Pauline vont descendre en stop jusqu’à la Patagonie, avec planches de surf et guitare sur le dos. Elina va aller en Amazonie en bus.
Patrice n’a jamais traversé un océan même en avion.
-ET moi ? Je dois me dire merde zut, j’ai été trop à l’ouest de 50 Milles ?


le Parcours au  Cap Vert.

Cyril a Tarrafal de Santiago, sur son annexe fabriqué pour lui au Cap Vert, et sa belle goelette "stella polaris"

Le trajet Jusqu'au Brésil, avec un exemple de vent illustrant ce qu'on a eu.

600 Milles de pré serré


La bonite au premier plan.

Vue depuis ma cabine; je vois la girouette électrionique.

mardi 3 mai 2016

Comment traverser vers le Bresil?

Le cap vert l’ayant bien visité il y a 2 ans, je ne souhaite pas l’explorer de trop. Quand meme aller a Tarrafal de Santiago, que j’ai beaucoup aimé et ou je connais du monde, puis faire le tour de l’ile et tamponner la sortie a Praia.
Ensuite 1500 Milles environs jusqu’à Joa Passoa, la marina de Jacare.
L’ile de Fernando de Noronha je pense zapper completement (point vert sur la photo). Je ne compte pas cautionner le racket des autorités qui ponctionnait 70 euros par jour pour rester sur sa propre ancre loin du bord comme il y a 2 ans.

Donc le programme qui presente la difficulté de la traversée de la ZIC (zone intertropicale de convergeance) ou il n’y a presque plus de vent.
Il y a 2 ans j'avais tiré tout droit et j'ai bien du faire 3 jours de moteur pour passer la zone de pot au noir. Mais il n'y a pas de danger de tempetes ni de foudre car ce sont des fronds chaud sur chaud.
Cette fois, je voudrai avoir plus de vent favorable, quitte a rallonger. Donc du cap vert jusqu’au 1 sur la photo, tribord amure grand largue 2-3 jours. Ensuite 2 plein Sud Babord amure. 
Puis avec les vents faibles, faire du du prés pour avoir plus de vent apparent pour passer la Zic,
La photo est un exemple de previsons au 4 mai 2016.
Puis Tribord amure en vent de travers, en tenant compte du courant Est-Ouest donc ne pas se retrouver trop a l’ouest non plus.
Alors pourquoi Jacare a Joa Passoa ? D’apres le site STW (http://www.stw.fr/marina_stw/) et le blog de Gwendal de la boiteuse (http://laboiteuse.blogspot.com/) qui écrit apres avoir navigué au Brésil descente et remontée que Jacaré c’est le top de chez top. 

Qu’es ce que la ZCIT ou ZIC exactement ?
La zone de convergence intertropicale (ZCIT), également connue sous le nom de zone intertropicale de convergence (ZIC), de front intertropical, de zone de convergence équatoriale ou plus familièrement pour les marins de « Pot au noir », est une ceinture, de seulement quelques centaines de kilomètres du nord au sud, de zones de basses pressions entourant la Terre près de l'équateur.
Elle est formée par la convergence des masses d'air chaudes et humides anticycloniques provenant des tropiques portées par les alizés. Elle est caractérisée par des mouvements convectifs des cellules de Hadley et, en règle générale, par des formations importantes de cumulonimbus.
La localisation de la zone de convergence intertropicale oscille autour de l'équateur, passant de l'hémisphère nord en été à l'hémisphère sud en hiver selon la déclinaison du Soleil. On observe aussi un cycle diurne, où les cumulus du matin deviennent des orages à la fin de l'après-midi.
Au temps de la marine marchande à voile
La zone intertropicale était un grave sujet de préoccupation pour les marins jusqu'à la fin du 19e siècle. Sous ces latitudes, les navires à voile (surtout les plus lents d'entre eux) pouvaient rester encalminés plusieurs jours, voire plusieurs semaines, dans un climat malsain, avec des alternances de pluies diluviennes, de grains d'orage, de risées folles et de calme plat.
Aux tourments physiques s'ajoutait un effet démoralisant d'impuissance face aux éléments.
Du temps de l'Aéropostale et des premiers vols transatlantique, sur l'axe Saint-Louis-du-Sénégal - Natal au Bresil, donc en pleine ZCIT, les grains orageux violents étaient redoutés des aviateurs volant à basse altitude et faible vitesse avec des instruments magnétiques et des appareils peu puissants et non pressurisés.

De nos jours, malgré les progrès des aides météorologiques, la ZCIT continue de jouer de fort mauvais tours aux régatiers océaniques.
Previsons au 4 mai 2016. Le point vert c'est l'ile de Fernando de Noronha. En bleu les pluies.
Il y a 2 ans le 17 mai 2014 je traversait avec l'Amarante pour le Brésil, avec  Loupy bien sur mais aussi Kimberly, l'Americaine qui n'avait pas de visa, ce qui influenca mon voyage vers les Carraibes
voici la prévision pour le 17 mai 2016; nous partons tout a l'heure le 16 mai 2016.
Autre exemple, au 7 mai 2016.